À l’époque de la naissance de Jésus, la Palestine comprenait trois provinces, soit la Galilée au nord, la Judée au sud et la Samarie placée juste entre les deux autres. Antipater était procurateur de la Palestine et son fils Hérode, procurateur de Judée. À la mort d’Antipater, Hérode fut convoqué à Rome où il fut fait roi de Judée.

Hérode s’était convertit au judaïsme, mais pour nombre de ses sujets, il était toujours un usurpateur, n’étant pas de la descendance de David. Concrètement, il ne régnait que sur la Galilée, la Judée étant administrée par un procurateur romain. Pour s’imposer, Hérode fit crucifier des milliers de personnes et écrasa les autres sous de lourds impôts.

Les Juifs guettèrent donc l’arrivée du Messie, celui qui viendrait les libérer du joug romain. Pour l’instant, rien de très religieux dans cette vision du Messie. Le christianisme a pourtant entretenu l’idée d’un Jésus, fils de Dieu, né d’une vierge. Pour les juifs, le Messie ne pouvait provenir que de la lignée royale de David et pour les chrétiens, il ne pouvait qu’être engendré par Dieu.

Les nazoréens, aussi appelés naziréens ou nazaréens, étaient les membres d’une secte juive ascétique. Pour y adhérer, il fallait faire vœu de naziréat. Ces vœux sont décrits dans l’Ancien Testament (Nombres 6.2-22). Jésus faisait partie de ces nazoréens et n’était pas, comme on nous le martèle inlassablement, un nazaréen, habitant de la Ville de Nazareth. Comme cette ville n’est apparue que soixante ans environ après la naissance de Jésus, il ne pouvait donc en être issu. Alors pourquoi veut-on tant nous le faire croire ?

Au sein des membres de la communauté des nazoréens, aussi appelés les esséniens, la vie maritale était autorisée et régie par des lois très strictes, en ce qui a trait du moins aux membres de la lignée royale. Ils pouvaient, dans des occasions spéciales, quitter momentanément leur célibat. Une de ces occasions spéciales, était de pouvoir assurer une descendance à la lignée royale de David. Pour s’en assurer, des fiançailles étaient d’abord consenties. Ce n’étaient pas des fiançailles dans le sens où nous l’entendons aujourd’hui, mais plutôt une forme de mariage à l’essai.

Mathieu 1.18 :

18. Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble.

Joseph et Marie se connurent bibliquement afin que le couple conçoive un enfant mâle, permettant d’assurer la descendance royale. Ces fiançailles ne pouvaient se faire que pendant une période bien précise de l’année, soit les deux premières semaines de décembre, afin que l’enfant puisse naître dans les dates prescrites au début de septembre. Si c’était une fille, il fallait attendre trois ans pour refaire un autre essai. Au cas où le couple s’avèrerait être stérile ou s’il ne pouvait qu’engendrer des filles, les fiançailles étaient alors rompues afin de reformer un autre couple plus fructueux.

Ce n’est que lorsque le couple mettait au monde un garçon que le mariage officiel pouvait être célébré. Cela permettait ainsi de s’assurer d’une descendance mâle pour la lignée royale. Le mari devait alors attendre six autres années avant de connaître à nouveau son épouse. Cela dans le but d’obtenir un deuxième enfant mâle afin d’assurer la descendance et d’avoir une différence d’âge assez grande entre les  deux frères, question d’éviter un conflit pour la couronne. Entre ces périodes, le couple reprenait sa vie monastique au sein de la communauté.

L’incompréhension, volontaire ou non de la part de l’Église, de ce mode de fonctionnement amena l’idée de la virginité de Marie :

Mathieu 1.23-25 :

23. Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous.

24. Joseph s’étant réveillé fit ce que l’ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec lui.

25. Mais il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

Le verset 1.23 est repris textuellement d’Ésaïe 7.14 dans le seul but d’obtenir une justification du rôle messianique de Jésus dans l’Ancien Testament. On remarquera d’ailleurs que Joseph a tout de même appelé son fils Jésus et non Emmanuel. Le nom d’Emmanuel n’est d’ailleurs pas repris dans aucun autre texte du Nouveau Testament.

Dans le verset 1.24, Joseph prit sa femme avec lui, accomplissant son devoir de procréateur, comme l’ange — prêtre essénien — le lui avait ordonné.

Le mot, que l’on a traduit pour vierge, s’écrit עלמה (almah) et signifie en fait jeune femme, alors qu’une vierge dans le sens où nous l’entendons, en hébreu, se dit בתולה (bethula). L’étymologie du mot vierge, nous vient de virgo, en grec, et signifie jeune fille — ce qui va dans le sens de la traduction du mot עלמה (almah). Ce que nous définissons comme étant une jeune fille n’ayant jamais eue de relation sexuelles, doit être accompagné du mot intacta, soit virgo intacta, pour indiquer qu’elle est intacte. C’est là toute la méprise à l’origine du dogme de la virginité de Marie.

Je soulignerai ici en gras, qu’un dogme est une conclusion théologique qui n’est basée sur aucune source historique fiable.

Ce n’est qu’une interprétation complètement gratuite, faisant l’affaire de l’autorité religieuse en place et à laquelle tous les fidèles doivent croire sans la remettre en question.

 

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