Cet attachement précoce au Saint-Sépulcre est suspect, il faut bien le reconnaitre. Pourquoi investir autant d’argent et sacrifier autant d’hommes pour s’accaparer d’un tombeau, qui d’ailleurs, ne contient aucun corps. Jésus est monté au ciel. Il ne peut, par conséquent, se trouver aucune relique dans le Saint-Sépulcre. Le tombeau du Christ était déjà, depuis des siècles, aux mains des infidèles et l’Église n’avait jamais cru bon jusque-là de réagir.
D’ailleurs, le culte du Saint-Sépulcre n’a vraiment connu son essor, qu’après la première croisade. On a vu apparaitre vers l’an Mil, selon les régions et sous différents noms, des communautés hérétiques en Europe occidentale : albigeois, bougres, manichéens, origénistes, patarins, piphles, etc. Elles disparurent rapidement, mais avaient des affinités avec la religion cathare émergente.
Il faut donc chercher ailleurs la raison de cette croisade, car si cela a prit dix-huit ans avant de réagir à la prise de Jérusalem, il y a fort à parier que tout ce qui a été cité précédemment ne sont pas des raisons, mais des excuses. Après tant de temps, les raisons ne pouvaient être émotives, mais plutôt des raisons murement réfléchies.




