L’empereur Constantin, lorsqu’il passa au christianisme, fit ériger deux églises à Jérusalem. La plus grandiose était appelée par les orientaux l’Anastasis — le Temple de la Résurrection —, alors que les occidentaux l’appelaient le Saint-Sépulcre.

Est-ce pour cela que, quelques mois après la prise de Jérusalem, Godefroi de Bouillon, ayant refusé le titre de Roi de Jérusalem, prit le titre d’Avoué du Saint-Sépulcre ? Possible, mais cela fait surtout montre d’une chose, c’est que Godefroi est plus un idéaliste qu’un assoiffé de pouvoir. C’est avec Godefroi et le Saint-Sépulcre que l’Ordre mythique du Temple prendra naissance.

Des chevaliers se rassemblèrent en 1115 sous l’appellation Milites Sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-Sépulcre). Hugues de Payns en fit partie et c’est en 1118 après la mort de Godefroi de Bouillon en 1110 que, sous prétexte de défendre les États latins, fut fondé l’ordre de moines soldats connu sous le nom de Templiers, organisé en armée permanente.

La même année, Baudouin II est sacré Roi de Jérusalem. C’est là, avec à leur tête Hugues de Payns, qu’arrivent à Jérusalem ces Templiers. Baudouin les reçus dans l’enceinte du Temple d’Hérode — construit sur les ruines du Second Temple du Roi Salomon —, cédant une partie de son palais à Hugues de Payns et Geoffroy de St-Omer. Les chanoines du Saint-Sépulcre furent déplacés pour l’occasion.

On compte, parmi ces premiers templiers, Hugues de Payns, Geoffroy de St-Omer, André de Montbard, Payen de Montdidier, Geoffroy Bisol, Rolland, Archambault de Saint Amand et Gondemare.

Chose intéressante, Foucher de Chartres, chapelain et historien de Beaudoin II, n’a jamais fait mention de la présence des chevaliers du Temple. Silence complet pendant les neuf années de leur présence. Silence bien plus criant qu’un muezzin chargé de lancer l'appel à la prière depuis le sommet d'un minaret, démontrant ainsi la qualité secrète de leur mission.

Dès 1124, bien avant la création officielle de l’ordre, les Templiers commencèrent à créer des alliances. L’Ordre soutiendra le mouvement d’indépendance du Portugal et ce dernier lui en sera reconnaissant en se montrant son débiteur en lui léguant en 1128 le château fortifié de Soure.

Cela soulève une autre question. Comment un groupe, supposément constitué de neuf chevaliers, a t-il fait pour aider de façon significative le Portugal à acquérir son indépendance ? Il y a deux réponses possibles : soient qu’ils étaient riches et puissants, soit qu’ils étaient beaucoup plus nombreux que seulement neuf chevaliers.

De fait, bien que les commanderies — près de neuf mille — ne se trouvaient qu’en occident, c’est en orient que l’Ordre du temple vit la majeure partie de son existence dont nous ne connaissons, finalement, que peu de choses.

 

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