Ce fut une réelle surprise pour les premiers Templiers de découvrir les fameux rouleaux de Qumran. Il y a de grandes chances pour que ceux-ci correspondent au fameux évangile « Q », que les exégètes considèrent comme un hypothétique évangile source —jamais retrouvé — pour la rédaction des évangiles de Mathieu et Luc.

Cette découverte fut plus qu’une surprise, mais un réel choc risquant de dissoudre l’Ordre naissant. On a retrouvé une lettre d’Hugues de Payens envoyée à ses chevaliers restés à Jérusalem lors de son départ pour la France avec André de Montbard. Celle-ci, pleine de citations bibliques, cherche à les rassurer, afin qu’ils ne perdent pas la foi. Il semble évident que la découverte qu’ils ont faite ne risquait pas seulement de dissoudre l’Ordre du Temple, mais également leurs croyances religieuses, voire la chrétienté au grand complet.

Nos chevaliers furent rejoints, par la suite, par le comte Hugues de Champagne qui répudia sa femme et déshérita ses enfants. Il a fallu une découverte vraiment extraordinaire pour que celui-ci prenne une telle décision.

Hugues de Champagne et André de Montbard approchèrent Bernard de Clairvaux, qui, pour eux, était le seul à posséder assez de sagesse, de connaissance et de contacts pour gérer une telle découverte. Cela fut déterminant pour l’avenir des Templiers.

Bernard de Clairvaux entra en contact avec des rabbins qu’il connaissait pour décoder toute cette information. Celle-ci fut ensuite appliquée et gérée par les cisterciens qui fondèrent différent corps de métier, afin d’appliquer ces nouvelles découvertes — incluant celles trouvées ultérieurement dans l’Arche de l’Alliance — qui sont entre autres à l’origine du gothique, de la quête du Graal et de l’amour courtois.

Réalisant que l’héritage messianique avait été caché par une conspiration de l’Église, ce fut dans l'ordre normal des choses de décider de fonder un Ordre noir qui présiderait aux objectifs de l’Ordre du Temple. Moins il y avait de monde dans la confidence, mieux le secret serait gardé.

Les éléments qui amènent à croire à l’existence d’une hiérarchie sous-jacente à l’Ordre du Temple sont que les Templiers ne sont pas allés en Terre Sainte pour défendre le tombeau du Christ, qu’ils ont passé plus de temps au développement économique et social de l’époque médiévale qu’à guerroyer ou à prier, qu’ils se sont davantage rapprochés des souffistes arabes et des kabbalistes juifs qu’ils ne les ont combattus, que les pèlerins défendus par le Temple travaillaient à la création de monastères en Orient où toutes les confessions religieuses pouvaient y venir prier, que d’autres de ces pèlerins négociaient une alliance avec les Mongols et, finalement, que les Templiers sont restés en Orient, après en être officiellement partis.

On peut aisément associer Saint Bernard, Hugues de Payens et les premiers chevaliers à cet Ordre noir, mais par la suite, on peut supposer que chaque Grand-Maître en faisait partie, sans pour autant en être le chef.

Les derniers membres suspectés de faire partie de cet Ordre noir, hormis Jacques de Molay, sont Raymond Lulle et Jacques de Thérines.

Raymond Lulle était originaire d’une famille de la noblesse catalane. Aux environs de l’an 1267, il affirma avoir eu une suite de cinq visions du Christ, lorsqu’il se consacrait à composer des chansons, des vers et d’autres vanités mondaines. Il renonça alors à la vie de cour, de poète-troubadour, ainsi qu’à sa famille.

Jacques de Thérines était docteur en théologie. Il enseignait à Paris et était également le supérieur de l’abbaye cistercienne de Pontigny. Il adressa, de son propre chef, une supplique au roi de France, au pape et aux ecclésiastiques chargés de l’instruction. Il participa, avec Raymond Lulle, au concile de Vienne.

Reconnu comme théologien et philosophe, Raymond Lulle prôna la recherche d’une fusion entre les trois grandes religions, soit le Christianisme, le Judaïsme et l’Islam — philosophie également prônée par l’Ordre du Temple —, mais se rétracta en 1290 au profit du dogme de l’Incarnation, soit la double nature du Christ à la fois Dieu et homme.

Le monde occidental le connait comme un ambassadeur du monde chrétien, visitant à plusieurs reprises l’autre côté de la Méditerranée pour tenter de convertir les musulmans. De l’autre côté, le monde oriental le connaît comme un négociateur, parlant au nom de l’Ordre du Temple. Il fut, avec Jacques de Thérines, avocat de la défense en 1311-1312, lors du proçès des Templiers.

Nos deux avocats réussirent à mettre de l’avant les contradictions de l’accusation. Était-ce dans le but de rétablir l’Ordre du Temple dans ses droits, de leur rendre leur dignité ou tout simplement de retarder les choses le temps de réaliser un plan d’urgence ? C’est une autre question qui restera sans réponses.

L’Ordre du Temple, avec tout son réseau de renseignements, ne pouvait qu’être au courant des manigances de Philippe le Bel et de la date choisie pour leur arrestation massive. Constatant que les Templiers s’était trop écartés de la mission première, l’occasion était trop belle pour la laisser passer. Il était temps de faire disparaître l’Ordre avec les honneurs. Avec la chute de Saint-Jean-d’Acres, en 1291, l’Empire templier en orient s’était effondré. Il ne restait que la partie la plus corrompue, soit la section administrative de l’Ordre.

Il était donc convenu que Jacques de Molay retourne à Paris pour donner le change pendant les préparatifs en vue de faire disparaître les trésors du Temple, en particulier ceux cachés à la commanderie de Paris. C’était sans compter l’acharnement et la hargne de Philippe le Bel. Les choses ne tournèrent pas comme prévu. De Molay fut arrêté, torturé, condamné, puis brulé.

Philippe le Bel lui fit subir la passion du Christ et c’est le visage de Jacques de Molay que l’on peut admirer sur le suaire de Turin.

Cela explique toutes les incohérences sur le mystère du suaire, comme la méthode avec laquelle il a été tissé, qui ne correspond pas aux méthodes utilisées à l’époque du Christ.

 

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